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X_RAY
X_RAY part d’un outil presque invisible : le scanner. Une machine ordinaire, souvent réduite à une fonction administrative, que je détourne ici pour en faire un instrument de prise de vue et de transformation.
Je ne considère pas le scanner comme un simple outil de reproduction. Il m’intéresse justement parce qu’il n’est pas fait pour produire ce type d’image. Sa lumière lente, sa frontalité, sa manière de parcourir le corps ligne après ligne créent une image sans distance. Le visage ou la main ne sont plus saisis dans un instant photographique, mais traversés par une machine qui enregistre autrement leur présence.
À partir de ces scans, je travaille l’image par strates. Le fichier devient une surface active, que la couleur vient charger d’une autre densité. Elle n’intervient pas comme un effet, mais comme une matière qui déplace l’image vers une lecture plus profonde, moins immédiate.Par couches successives, l’image perd peu à peu son évidence. Le scan ouvre un territoire plus intérieur, où le corps n’est plus seulement représenté mais retravaillé dans sa matière même. La couleur, les altérations et les strates déplacent l’image vers une zone plus souterraine, moins stable.
C’est dans cette zone que se situe le lien avec Carl Gustav Jung. X_RAY cherche à approcher l’Ombre : non pas comme un symbole plaqué sur l’image, mais comme quelque chose qui apparaît dans le processus même. En travaillant la surface, je tente d’accéder à ce qui se tient derrière elle : une part plus enfouie, plus ambiguë, presque psychique, de l’identité.